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Guide · Bailleur

Loyer impayé : la marche à suivre

Votre locataire ne paie plus. Relance, mise en demeure, commandement de payer, procédure judiciaire : les étapes dans l'ordre, leurs délais et leurs effets réels.

Mis à jour le 25 juillet 2026

Agir vite, mais dans le bon ordre

Un impayé qui dure devient très difficile à récupérer : plus la dette grossit, moins le locataire peut la solder, et plus la procédure s'allonge. Le premier réflexe utile est donc d'agir dès le premier mois, sans attendre le second.

Mais agir vite ne veut pas dire brûler les étapes. Chaque étape a un rôle précis, et certaines conditionnent la validité des suivantes.

Étape 1 — La relance amiable

Un simple appel ou un email suffit souvent : un impayé sur deux relève de l'oubli, d'un changement de banque ou d'une difficulté passagère. Cette étape n'a aucune valeur juridique, mais elle résout une grande partie des situations sans dégrader la relation.

Si le locataire annonce une difficulté durable, un échéancier écrit vaut souvent mieux qu'une procédure : il préserve le paiement du loyer courant, qui est l'essentiel.

Étape 2 — La mise en demeure

La mise en demeure est un courrier formel, envoyé en recommandé avec accusé de réception, qui récapitule les sommes dues, fixe un délai de règlement et annonce la suite. Le délai est libre — huit à quinze jours en pratique — car il s'agit d'un délai de courtoisie, pas d'un délai légal.

Attention à ne pas se méprendre sur sa portée : la mise en demeure ne déclenche pas la clause résolutoire du bail. Elle constitue une preuve de votre diligence et marque le passage au registre formel, mais elle ne produit pas par elle-même d'effet sur le contrat.

Si une caution s'est portée garante, informez-la dès ce stade. Un garant prévenu tôt règle souvent la dette avant qu'elle ne devienne ingérable.

Étape 3 — Le commandement de payer

C'est l'acte qui change tout. Délivré par un commissaire de justice, le commandement de payer est le préalable obligatoire à la mise en œuvre de la clause résolutoire, dans les conditions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989.

À partir de sa délivrance court un délai légal pendant lequel le locataire peut régulariser. S'il paie, le bail se poursuit. S'il ne paie pas, la clause résolutoire peut être constatée par le juge, ce qui ouvre la voie à la résiliation du bail.

Cet acte a un coût, à la charge du bailleur puis récupérable sur le locataire. Il marque le point où le dossier devient réellement contentieux.

Étape 4 — La procédure judiciaire

Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire est compétent. Il peut constater la résiliation du bail, condamner le locataire au paiement, mais aussi lui accorder des délais de paiement — auquel cas la clause résolutoire est suspendue tant qu'il respecte l'échéancier.

L'expulsion, si elle est prononcée, ne peut être exécutée pendant la trêve hivernale, ni sans le concours de la force publique. Comptez plusieurs mois entre la saisine et la libération effective du logement.

Prévenir plutôt que poursuivre

Trois leviers réduisent fortement le risque : exiger un dossier solide à l'entrée (garant ou garantie Visale), souscrire une assurance loyers impayés (GLI), et surtout détecter le retard immédiatement plutôt qu'au bout de trois mois.

C'est ce dernier point qui fait le plus de différence en pratique : un suivi automatisé des échéances transforme un impayé de trois mois en un impayé de trois jours.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation particulière, rapprochez-vous d'un professionnel du droit ou de l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.