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L'assurance loyers impayés, expliquée

Qu'est-ce que la garantie loyers impayés (GLI) ? Combien coûte-t-elle, quelles sont les conditions d'éligibilité du locataire, et peut-on la cumuler avec un garant ? Le point complet pour un bailleur.

Mis à jour le 31 juillet 2026

Ce que couvre réellement la GLI

La garantie loyers impayés (GLI) est une assurance souscrite par le bailleur — jamais par le locataire — qui prend le relais quand le loyer n'est plus payé. Elle couvre en général le loyer et les charges impayés, les frais de procédure (mise en demeure, commandement de payer, avocat si nécessaire), et souvent les dégradations locatives au-delà de ce que couvre le dépôt de garantie.

Certains contrats incluent aussi une garantie vacance locative (perte de loyer entre deux locataires) ou une prise en charge des frais de procès d'expulsion. Le détail — plafonds, durée de prise en charge, franchise éventuelle — varie fortement d'un assureur à l'autre : c'est le point à comparer avant de signer, pas le taux affiché en façade.

Combien ça coûte

Le tarif se calcule en pourcentage du loyer charges comprises, encaissé sur l'année : comptez généralement entre 2 % et 5 % selon l'assureur et l'étendue des garanties choisies. Sur un loyer CC de 800 €, cela représente environ 190 à 480 € par an.

Ce n'est pas une dépense perdue pour autant : la prime est déductible de vos revenus fonciers (voir plus bas), ce qui en réduit le coût net réel selon votre tranche d'imposition.

Les conditions d'éligibilité du locataire

C'est le point le moins connu, et souvent celui qui coince : l'assureur n'évalue pas votre risque à vous, il évalue la solvabilité du locataire. Chaque dossier de candidature doit donc être validé par l'assureur avant la signature — pas après.

Le critère le plus courant est un taux d'effort : les revenus nets du locataire (ou du foyer, en cas de colocation ou de couple) doivent en général représenter au moins 3 fois le montant du loyer charges comprises, avec une situation professionnelle stable (CDI hors période d'essai, ou justificatifs équivalents pour un indépendant, un retraité ou une profession libérale).

Un candidat qui ne remplit pas ce critère n'est pas automatiquement refusé : certains assureurs l'acceptent quand même si un garant solvable complète le dossier, ou proposent une garantie allégée. Les conditions précises — seuils, pièces exigées, professions exclues — dépendent entièrement de l'assureur : elles ne sont pas fixées par la loi, à la différence du dépôt de garantie ou du préavis.

GLI ou garant : un choix, pas un cumul

Point souvent ignoré et pourtant strictement encadré : la loi interdit en principe de cumuler une GLI et un cautionnement (garant physique) pour un même locataire. Le bailleur doit choisir l'un ou l'autre.

L'exception : les étudiants et apprentis. Pour ces deux profils, la loi autorise explicitement le cumul GLI + garant, la situation de ces locataires étant jugée structurellement plus fragile.

La garantie Visale, proposée gratuitement par Action Logement, fonctionne sur le même principe d'exclusivité : c'est une alternative à la GLI et au garant classique, pas un complément. Elle cible surtout les moins de 30 ans, les salariés en mobilité et certains publics prioritaires, avec des plafonds de prise en charge parfois inférieurs à ceux d'une GLI privée — à comparer selon votre profil de locataire, pas systématiquement en fonction du prix.

La prime se déduit de vos revenus fonciers

Au régime réel, la prime d'assurance loyers impayés est une charge déductible (case 223 de la 2044), au même titre qu'une assurance propriétaire non occupant. Elle n'a en revanche aucun caractère récupérable sur le locataire : c'est une dépense qui reste entièrement à votre charge, contrairement aux charges locatives classiques.

Dans Loqui, elle s'enregistre simplement dans Frais de gestion, catégorie « Prime d'assurance » — elle alimente alors automatiquement le calcul de rentabilité nette et l'aide au report de la 2044.

Le bon moment pour souscrire : avant, pas après

Une GLI ne s'improvise pas au premier retard de paiement : elle doit être souscrite au moment de la signature du bail, une fois le dossier du locataire validé par l'assureur. Aucun assureur ne couvre rétroactivement un loyer déjà impayé au jour de la souscription.

C'est pourquoi la question se pose dès la sélection du locataire, pas après coup : un dossier limite (revenus proches du seuil, CDD, période d'essai) peut être refusé par l'assureur alors même qu'il vous semblait acceptable. Le vérifier avant de signer évite de découvrir, au premier impayé, que la protection sur laquelle vous comptiez ne s'applique pas.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation particulière, rapprochez-vous d'un professionnel du droit ou de l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.